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Oni

 
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Eoliad, Miroir de la nuit



Inscrit le: Mar 28 Juin 2005
Messages: 822
Localisation: Avignon / Les Terres d' Haholith

MessagePublié le: Sam Aoû 19, 2006 4:48 pm    Titre du sujet: Oni Répondre en citant

Ce texte, je l'ai écrit avec mon âme, alors, prière de ne pas le voler... je le met chapitre par chapitre...


I- Une ombre dans la nuit


Kuo se retourna. Il scruta quelques instants la maison sombre devant laquelle il venait de passer. Il chercha en vain l’origine du faible bruit qu’il avait entendu et, serrant nerveusement son bâton, il jeta un regard attentif aux murs nus et passablement délabrés de cette vieille demeure où plus personne n’habitait depuis des années. Il s’attarda une dernière fois sur le toit de la maison. Les deux arbres qui le bordaient s’agitaient doucement sous le vent frais du soir. Il rajusta son habit et reprit sa ronde en continuant d’un pas rapide vers une rue où quelques maisons étaient encore éclairées. La lueur des bougies que l’on apercevait depuis l’extérieur donnait une impression de paisible chaleur qui contrastait avec les pensées de Kuo. Dérangé dans sa ronde par ce bruit, si faible en vérité qu’il était quasiment imperceptible, lui, garde depuis de nombreuses années, avait appris à se méfier de chaque bruissement de feuilles, de chaque grattement de branche sur un mur et de chaque souffle de vent. A présent, il avait froid et était tourmenté par ce bruit. La nervosité de ces premiers jours d’hiver l’avait-elle atteint ? Il avait à présent quitté le bourg et descendait avec une certaine hâte un chemin de terre bien entretenu. Les arbustes qui poussaient aux alentours dégageaient d’agréables parfums qui apaisaient son esprit. Le chemin remonta en pente douce en serpentant jusqu’à une demeure qui était connue de tous : la maison du seigneur Konda. Les larges jardins aménagés autour sur des terrasses vieilles de plusieurs générations étaient la fierté des habitants des environs qui venaient chaque jour respirer les lourdes effluves que dégageaient les milliers de fleurs et des plantes. Tentant de ne plus penser à ce qui avait interrompu sa ronde, il gravit le chemin et tourna à gauche sur un petit sentier à peine visible. Ce dernier conduisit le garde jusqu’à une petite bâtisse en bois qui se dressait à l’ombre d’immenses arbres qui, la nuit, plongeaient entièrement cette partie du domaine dans l’obscurité. La pleine lune elle-même semblait enlever tout sentiment de vie à ce lieu ; sa lumière blafarde ne permettait à Kuo que d’entrevoir les lieux alentours. Ses doigts engourdis par le froid serraient constamment son bâton ne lui laissant aucun instant de quiétude. Il poussa enfin la porte du quartier des gardes et, avec un soupir de contentement, se dirigea vers le feu qui brûlait dans une cheminée. Il n’échangea que quelques mots avec celui qui devait prendre sa relève et après un simple signe de la main, partit dans le dortoir où trois de ses compagnons dormaient déjà. Il referma le panneau coulissant et partit se coucher. Il songea une dernière fois au malheureux qui parcourait à son tour les rues, bravant et les ténèbres et le froid puis s’endormit.

L’ombre progressait, rapide et silencieuse.Ayant attendu la relève des gardes pour s’approcher de la demeure du seigneur Konda, elle était à présent perchée sur le haut mur d’enceinte. Elle observait le garde qui avait remplacé Kuo descendre d’un pas tranquille le chemin qui menait aux habitations. Puis se retourna. Derrière sa cagoule noire, deux yeux d’un bleu profond scrutaient avec attention chaque fenêtre de la bâtisse; les muscles tendus et les sens aux aguets, l’ombre se préparait à bondir jusque sur le toit. Le vent agitait sa tunique constituée d’un voile qui s’enroulait étrangement autour d’elle. L’ombre ferma les yeux et prit une profonde inspiration, comme pour se concentrer. En un instant elle se déplia avec grâce devant l’astre nocturne, masquant sa pâle lumière, et se rétablit après un saut extraordinaire de plus de sept mètres. Elle tendit l’oreille et, s’étant sûrement assuré qu’aucun danger n’était à craindre, parcourut la longueur du toit. Elle s’approcha ensuite du rebord qui faisait face aux jardins et au village. D’un mouvement habile, l’homme en tunique se retrouva suspendu dans le vide à une barre de métal horizontale qui servait, selon la coutume, à accrocher de longs tissus couverts de motifs lors des cérémonies. Il ouvrit du pied une fenêtre qui se situait juste en dessous de lui, au dernier étage de la maison et, avec une souplesse étonnante, il se glissa à l’intérieur de cette dernière. Il parvint jusqu’au sol en glissant sur un long rideau dont on pouvait malgré l’obscurité distinguer une teinte rouge vif. Ses pas ne faisaient résonner aucun bruit dans la grande pièce silencieuse où il se trouvait. Le carrelage évoquaient une ancienne bataille et reflétaient étrangement la lumière de la lune qui perçait à travers les fenêtres. La sombre silhouette sembla hésiter une seconde, puis se dirigea résolument vers un grand escalier à gauche. Il monta précautionneusement les marches et pénétra dans un couloir éclairé par une unique bougie qui se consumait dans un léger crépitement. Alors que l’homme en noir pénétrait dans le corridor, une porte s’ouvrit sur la gauche. Une jeune fille vêtue comme une servante apparut. Elle bailla longuement, puis se dirigea vers l’endroit où se tenait le ninja quelques instants auparavant. Elle ne descendit pas l’escalier et continua à marcher tout devant, pénétrant dans un autre couloir où elle disparut bientôt. Le ninja descendit avec souplesse de la poutre où il avait grimpé lors du passage de la jeune servante. Il continua de marcher dans le plus grand silence qui n’était troublé que par le doux bruissement de la bougie maintenant à demi fondue. Il arriva alors devant une autre porte en bois. Il leva le regard et vit au plafond une rangée de panneaux en bois massif plafond qui reliaient les murs de la pièce au plafond. Prenant appui sur le mur, il bondit et se mit en position de grand écart entre les deux parois. Il ouvrit un panneau et se glissa à l’intérieur de la pièce de la même manière qu’il s’était introduit dans la demeure du seigneur Konda. Comme les autres fois, il se rétablit dans un simple frôlement. Le ninja observa la pièce.Dans un coin était installé un bureau recouvert de parchemins, une armoire se tenait face lui et dans un troisième angle de la pièce, un coffre était contre le mur. La pièce était plongée dans l’obscurité, mais le ninja semblait pouvoir discerner chaque élément qui était présent. Il s’approcha du coffre et sortit une tige de fer d’un des replis de sa tunique. Quelques minutes plus tard, le couvercle du coffre s’ouvrit et l’homme en sortit un étrange petit fourreau, d’une taille suffisante pour contenir un poignard. « Prends-le mais ne l’ouvre sous aucun prétexte », tel était l’ordre qu’on lui avait donné. Il le garda dans sa main droite et ressortit de la pièce par le même panneau mobile qui l’avait fait entrer. Il passa de nouveau devant la bougie qui n’était pas beaucoup plus consumé; peu de temps s’était écoulé dans la pièce sombre. Il se retrouva dans la grande pièce et fut bientôt dehors. Alors qu’il s’apprêtait à franchir derechef le mur d’enceinte, une voix rompit le silence de la nuit :
- Au nom du gouverneur, arrêtez-vous !
Le garde qui venait d’apostropher le ninja était celui qui avait remplacé Kuo ; lui aussi était armé d’un bâton. La silhouette noire se retourna d’un mouvement lent qui ne trahissait ni surprise, ni peur.
- Restez où vous êtes, lança le garde à l’égard de cet étrange intrus.
Ils s’observèrent un long moment, comme pour s’évaluer l’un l’autre. Enfin un léger tressaillement passa sur le visage du garde.
- Gardes ! Gardes !
Il pensait faire fuir cet adversaire qui semblait mystérieux et menaçant. Ce dernier se redressa, ses yeux bleus qui lançaient jusque là un regard glacial changèrent peu à peu. A présent, une lueur de colère s’était installée. Il restèrent face à face pendant quelques instants puis, de tous côtés, accoururent des gardes. Ils entourèrent leur ennemi. Celui-ci les avait déjà silencieusement comptés – huit, disposés de manière hexagonale autour de lui. L’un d’eux se précipita vers lui ; ce fut le signe de l’assaut de tous. Il se passa une chose qu’aucun de ces huit gardes n’aurait pu prévoir. La seconde instruction fut respectée : « Ne tue personne. »
- Pauvres fous, leur lança-t-il.
Et ce fut la première et la dernière parole qu’ils entendirent. Ce dernier se lança dans le combat. Il alliait vitesse et précision, ses techniques de combat était inconnues et foudroyantes. Il frappait avec les jambes et bloquaient chaque attaque grâce à ses mains. Celles-ci arrêtaient les bâtons dirigés contre lui. Il prenait appui sur l’un pour se retourner et asséner à un autre un coup fulgurant. Il sautait pour éviter, se baissait ou encore se penchait complètement en arrière en prenant comme support ses mains et se rétablissait ainsi hors de portée. Un par un, les gardes s’effondrèrent au sol, assommés. Lorsqu’il ne resta plus que le ninja debout, il se dirigea vers le mur d’enceinte et le franchit en courant sur le mur. Il n’était nullement essoufflé et, tandis que plusieurs lumières brillaient maintenant dans la maison du seigneur Konda, il disparut dans la nuit noire.
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Varghen



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MessagePublié le: Sam Aoû 19, 2006 5:42 pm    Titre du sujet: Répondre en citant

Très joli, sympa, riche et bien détaillé. Tu n'essayeras pas de me piquer mon style par hasard? :D
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